Nous sommes baptisés, c’est-à-dire sauvés par l’amour du Christ et membres de son Eglise. Nous considérons l’Eglise, à la suite de saint Paul écrivant aux Ephésiens, comme « l’Epouse »[1] pour laquelle le Christ a donné toute sa vie. Nous contemplons cet amour du Christ pour l’Eglise en nous plaçant nous-mêmes dans ce flux d’amour qui les unit. Cet amour (l’amour sponsal[2]) a sa source dans l’amour trinitaire. Nous répondons[3] chacun à cet amour selon notre vocation propre à l’école de saint Jean-Baptiste, l’ami de l’unique Epoux, Jésus-Christ[4]. En « nous donnant » et en « accueillant », nous nous sanctifions et nous répondons à notre vocation de chrétien[5]. Jean-Baptiste est au service de l’accomplissement de nos vocations sponsales. Jean-Baptiste réalise ce service en s’effaçant devant Jésus. Précurseur et ami de l’Epoux, Jean laisse à Jésus toute la place, il le laisse agir en lui et par lui[6].

Nous croyons qu’aujourd’hui l’Eglise est encore dans ce temps des fiançailles avec son unique Epoux, le Christ, dans l’attente de l’accomplissement des noces de l’Agneau à la fin des temps. C’est pourquoi, nous voudrions être comme Jean-Baptiste, au service de ces relations privilégiées qui unissent le Christ et l’Eglise, tous les chrétiens au Christ, les époux chrétiens entre eux et le prêtre à la part du peuple de Dieu qui lui est confiée. Cette mission de Jean-Baptiste s’accomplit dans un esprit diaconal. Le mode de vie des compagnons de saint Jean-Baptiste est un chemin de sanctification privilégié.

[1] « Le Christ a aimé l’Eglise : il s’est livré pour elle, afin de la sanctifier en la purifiant par le bain d’eau qu’une parole accompagne ; car il voulait se la présenter à lui-même toute resplendissante, sans tache ni ride ni rien de tel, mais sainte et immaculée » (Ep 5, 25-27)

[2] Selon l’expression de saint Jean-Paul II qui voulait ainsi décrire l’amour qui unit les époux « consacrés » par le sacrement de mariage et le lien qui unit le Christ et l’Eglise selon la parole de saint Paul aux Ephésiens : « Voici donc que l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair : ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Eglise » (Ep 5, 31-32).

[3] Nous pouvons en trouver un écho dans les paroles de Jésus à sainte Marguerite-Marie : « Voici ce cœur qui a tant aimé les hommes et qui n’en a reçu qu’ingratitude ». Jésus appelle et attend notre réponse d’amour à son amour.

[4] « Qui a l’épouse est l’époux ; mais l’ami de l’époux qui se tient là et qui l’entend, est ravi de joie à la voix de l’époux » (Jn 3, 29).

[5] Second Concile du Vatican, Constitution Gaudium et Spes N°24 : « l’homme, seule créature sur terre que Dieu a voulue pour elle-même, ne peut pleinement se trouver que par le don désintéressé de lui-même ».

[6] « Il faut que lui grandisse et que moi je décroisse » (Jn 3, 30).